« Entrevero »

En pleine guerre froide, après la décolonisation, la lutte est à l’est et porte contre toute tentative d’invasion idéologique sur les terres latines, considérées comme une « zone d’influence prioritaire » depuis la doctrine Monroe (1823).

En 1968, le drame est à son apogée. Les dictatures commencent à s’imposer sur le continent sud américain. C’est dans ce contexte que se déroulera l’histoire d’un homme au prise avec son idéal militaire, ses convictions politiques et ses paradoxes durant la lutte qu’il mena contre le MLN et la corruption en Uruguay.

Après son assassinat à Paris le 19 décembre 1974, les journaux argentins parlaient déjà d’un règlement interne dans le propre corps militaires. De même Richard Gott l’affirma dans le Guardian, deux semaines après avoir rencontré Ramon Trabal, pour la première et dernière fois, puisqu’il était aussi attaché militaire à l’Ambassade d’Uruguay à Paris et à Londres. Nous y reviendrons.

Sa mort, était  « une mort annoncée ».

A l’Institut Militaire d’Etudes Supérieures, ses propres camarades l’appelaient « l’IMER rouge » après son rejet à l’entrée au TIAR sorte de pacte de l’OTAN version Etats-Unis/Amérique du sud.

A de nombreuses reprises lui et d’autres militaires vont aller à contre courant des décisions de l’état major. Comme lorsqu’ils s’opposèrent au relevé topographique de l’Uruguay par l’aviation nord américaine parce qu’ils leur paraissaient que la souveraineté du pays en serait menacée et préféraient que ce soit l’armée uruguayenne qui s’en occupa.

Il déclara aussi publiquement que le fait d’acheter les armes seulement aux américains plaçait l’Uruguay dans une situation de dépendance. Ces prises de parole suscitèrent une inimitié croissante au sein du secteur militaire pro américain et en particulier de la CIA.

Le Colonel uruguayen Ramon Trabal, 45 ans, est assassiné à Paris en décembre 1974 .

Les enquêtes françaises et les démarches uruguayennes furent limitées, ce qui fait que ce crime reste un mystère jusqu’aujourd’hui.

Ramon Trabal avait eu une carrière militaire exemplaire, qui en 1971 l’avait porté à la direction du SID (Service d’Information et de Défense). Depuis ce poste il a dû se concentrer sur différentes tâches d’intelligence et d’information, avec une attention particulière sur le mouvement Tupamaro, qui s’était lancé dans la lutte armée. Les détentions et les interrogatoires le définissaient comme l’ennemi des rebelles.

S’il n’a pas pratiqué directement la torture, comme l’affirme Julio Marenales (fondateur du MLN avec R. Sendic), il commandait le service d’information et de renseignement.

Ce qui lui donne cette double lecture. Janus au deux visages.

… « et il n’était pas golpiste » ajouta J. Marenales lors de notre dernière entrevue…

C’est pourtant lui qui a rédigé les communiqués 4 et 7 qui marque la  première tentative de coup d’état inspirée de l’expérience du Général Alvarado au Pérou. Toujours cette image de militaire de gauche attaché à sa carrière.

Le jour suivant le meurtre, cinq prisonniers Tupamaros furent assassinés et déposés aux alentours de Soca, en représailles de l’armée « contre ceux qui ont tué Trabal ». Celui-ci était ainsi publiquement identifié comme une autre victime de la subversion. Mais cette interprétation n’était pas recevable.

Comme l’ont indiqué plusieurs observateurs, les Tupamaros n’avaient ni les moyens ni la préparation pour commettre un crime à Paris, sans laisser aucune piste.

La version contraire, exposée entre autres par l’ex chef Tupamaro Eleuterio Fernández Huidobro, est plus probable en soutenant que Trabal aurait été exécuté par des Militaires uruguayens.

En 1968, cinq ans avant le régime militaire, Trabal était le chef de l’École de Police et il a dû diriger un opératif dans la maison du Colonel julio César Vadora, « La Buseca », qui devait révéler une présumée réunion conspiratrice en présence de plusieurs Généraux (Alvarez, Núñez, Domínguez, Ballestrino). L’épisode lui suscita des inimitiés immédiates, et le conduit à « tomber en disgrâce » chez certains de ses collègues. Il avait touché du doigt une partie délicate du corps militaire qui lui fera payer « chaire » / « en carne ».

L’histoire de Trabal est une sorte de mythe de l’histoire uruguayenne qui a ses différentes versions suivant de quel côté on tourne le micro. Héros de la guerre antisubversive ou/et héros de la lutte contre l’impérialisme . Quoi qu’il en soit il faut non seulement détruire les mythes mais aussi un silence qui aujourd’hui persiste encore dans les rangs des militaires comme chez les civils. La décision du 13 avril 2011 de la cour Ibéro-américaine en fonction des accords signés par l’Uruguay pour « les droits de l’homme » offre aux victimes un possible recours devant la loi de « Caducidad » qui protégeait les militaires et leurs complices, puisque la loi a été jugé anti-constitutionnel par le Sénat et la chambre des députés uruguayens. De nombreux procès sont en cours d’instruction dont celui des crimes de Soca et de l’assassinat des sénateurs  Héctor Gutiérrez Ruiz y Zelmar Michelini en Argentine en 1976, encore en démocratie.

Il y a un peu plus de 30 ans, le vénézuélien Carlos Rangel publiait son opus majeur,  « Du bon sauvage au bon révolutionnaire ». Avec une admirable lucidité, Rangel disséqua les mythes qui tranquillisent les consciences latino-américaine ainsi que la propension des gauchistes du monde entier à projeter sur cette région leurs désirs. Si l’on accepte l’idée que les mythes sont des espaces psychologiques qui nous servent de refuge pour nous orienter dans la vie, on comprend comment l’implacable critique de Rangel fit voler en éclat une culture politique complaisante, profondément installée dans ses mirages.

Pour Rangel, les Latino-américains se mentent à eux-mêmes et acceptent trop facilement n’importe quel mensonge extérieur qui les soulagerait de leur humiliation.

Depuis leur indépendance, les Latino-américains ont accueilli à bras ouverts le mythe du bon sauvage, de l’homme pur et simple corrompu par une société injuste et exploiteuse ; une société qui, cependant, peut connaître la rédemption via les utopies collectivistes.

Rangel expliquait en 1976 que l’ambition secrète qui vit dans le coeur de chaque Latinoaméricain consiste à défier les États-Unis, rompre avec les États-Unis, comme vengeance non seulement pour les maux et les offenses dont souffrirent réellement les Latino-américains, individuellement ou collectivement, de la part des « Yankees », mais surtout comme « défouloir » à l’humiliation et au scandale que représente le succès nord-américain et l’échec latino-américain.

À l’époque, Rangel pensait à Castro.

« L’impérialisme nord-américain en Amérique latine n’est, toutefois, pas un mythe. Seulement il est une conséquence et non une cause du pouvoir nord-américain et de notre faiblesse. Même le dépouillement le plus inique, aussi condamnable soit-il, n’est pas une excuse pour ne pas chercher une explication rationnelle à la force du voleur et à la faiblesse de la victime ».

Il apparaît clairement que la voie du salut passe par l’abandon de ces mythes, réconfortants mais faux, par l’acceptation des responsabilités et en surmontant le complexe d’infériorité qui se cache derrière les fantaisies du bon sauvage et du bon révolutionnaire, permettant ainsi de construire des nations stables et prospères et d’établir une relation mûre et mutuellement bénéfique avec les États-Unis.

Cet objectif est-il réalisable ? Sans doute, mais les symptômes négatifs sont multiples. L’anti-américanisme reste toujours monnaie courante au sein des intellectuels latino-américain, dont la vision du monde reste ancrée à gauche. Che Guevara, cruel symbole d’une immense déception enflamme encore les esprits de beaucoup. Cuba meurt asphyxiée par le totalitarisme et les présidents du Brésil, de l’Argentine, de la Bolivie, de l’Équateur ou du Venezuela arborent la rhétorique du bon sauvage, la mêlant à celle du bon révolutionnaire.

Les mythes furent révélés pour ce qui sont réellement : des illusions sans buts.

Voici le mythe de l’Orientalité :

(“The enemy has only images and illusions behind which he hides his true motives. Destroy the image and you will break the enemy ». Shaolin Abbot Bruce Lee, « Enter the Dragon » (1973))

L’entrevero est le mot qui sûrement symbolise le mieux ce moment de l’histoire de l’Uruguay.

Diccionario de la lengua española © 2005 Espasa-Calpe:

entrevero

1. m. amer. Pelea, disputa:

Bagarre, Dispute :

¡menudo entrevero que se organizó en el bar!

2. amer. Confusión, desorden.

Confusion, Désordre :

Diccionario de la lengua española © 2005 Espasa-Calpe:

entreverar

1. tr. Mezclar, introducir una cosa entre otras:

Mélanger, Introduire une chose à d’autres :

2. prnl. amer. Mezclarse desordenadamente personas, animales o cosas:

Mélanger sans ordre des personnes, des animaux, des choses :

L’Entrevero est dans l’entre voir et l’entre vrai commun à cette histoire.

(« C’est une histoire dite par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien »  Macbeth, W. Shakespeare)

L’Entrevero est une guerre où il n’y a ni de gagnants ni de perdants mais des victimes.

C’était dans le registre militaire de la cavalerie, une lutte sans merci entre deux corps ennemis qui s’affrontaient, corps à corps, sans respecter les règles ni les ordres, provocant ainsi un immense charnier.

C’était aussi dans la tradition « gauchesque », un combat verbal où deux « criollos »
s’affrontaient en chantant et récitant des poèmes ou des improvisations sur la guerre, les femmes, la pampa et les « pulperίas ».

( « A nos femmes, à nos chevaux et à ceux qui les montent» )

Ces affrontements terminaient  parfois en bagarre, non plus verbal, mais physique avec le poncho enroulé autour du bras pour se protéger des coups et avec la « facὁn », le couteau dans la main. Ces histoires de gauchos va s’introduire ensuite dans la poésie chargé d’histoire, de romantisme, de l’homme sans frontières, du ciel étoilé et du pays chéri, que l’on défendra jusqu’à la mort dans une posture christique pour l’honneur et en vertus de ses convictions profondes, patriotes, devant la trahison des rêves de gloire et d’honneur.

Un holocauste d’idéaux…

C’est en quelque sorte l’histoire de Ramon Trabal.

On peu parler dans l’Armée de la naissance d’une pensée politique appelée « courant péruaniste » (Général Juan Velasco Alvarado), dans lequel quelques militaires s’écartent de leur tâche répressive et se mettent à communiquer avec l’ennemi, pour comprendre leurs motifs et trouver des solutions pacifiques. La célèbre fugue de la prison de Punta Carretas, en 1971, aurait été « tolérée » par les autorités, comme partie d’un arrangement entre militaires et Tupamaros afin d’obtenir la libération l’ambassadeur britannique Geoffrey Jackson de leur kidnappeur. Malgré les déclarations du régime sur la « subversion communiste », R. Trabal a eu de nombreuses conversations avec Jaime Pérez, alors chef du Parti Communiste et opposé à la violence Tupamara.

La tupamara Yessie Macchi, fille d’un Général, a reçu plusieurs visites de Trabal, auquel elle a fait voir quelques données des réalités nationales, avec tant de succès que Trabal a ensuite entraîné d’autres militaires pour écouter à Macchi.

Dans la même ligne rentrent les conversations entre les Militaires et les Tupamaros, qui ont commencées au bataillon Florida, avec la participation des Tupamaros, Eulatorio Fernandez Huidobro et Mauricio Rosencof et des Généraux Gregorio Alvarez et Esteban Cristi, sous la « coordination, manipulée ou manipulatrice » de R. Trabal.

« Il existait une certaine méfiance vis-à-vis de R. Trabal et c’est là où j’ai senti que quelque chose ne tournait pas rond chez les Militaires » ajouta E. F. Huidobro.

L’idée que sa mort avait été exécutée par les Tupamaros n’était pas une interprétation recevable. Comme l’ont indiqué plusieurs observateurs, les Tupamaros n’avaient ni les moyens ni la préparation pour commettre un crime à Paris, sans laisser aucune trace. La version la plus probable est sûrement la version contraire, exposée entre autres par l’ex dirigeant Tupamaro E. F. Huidobro lui même, qui a soutenu que Trabal avait été tué par des Militaires uruguayens.

La conséquence de cette collaboration entre Militaires et Tupamaros a été le début de la lutte contre les « illégaux et les illicites économiques » et toute forme de corruption dans l’économie nationale. Un autre des conséquences a été l’orientation des communiqués de 4 et 7, rédigés en février 1973, où les Militaires promettent de corriger la dette externe, de combattre l’exploitation et la corruption économique, soutenir les classes sociales moins favorisées, lutter contre le chômage, nommer à des fonctionnaires « capables » et non nommé « a dedo » dans divers secteurs. Dans les communiqués 4 et 7, où on peut lire, des mesures « progressistes », rien de moins que le plan de redistribuer la terre, en obtenant une plus grande production et en facilitant l’acquisition de la propriété par l’exploitant agricole (art. 5 g), nationalisations des banques, des secteurs stratégiques comme la pêche, l’agro-alimentaire, la viande, imposer les courtiers, les distributeurs, les entrepôts, assurer les trains, contrôler le port de marchandises et le système douanier, …

Trabal a été le rédacteur de ces communiqués. Quelques chefs militaires ont jugé, toutefois, que ces phrases progressistes ne devaient pas être prises trop au sérieux. Elles seraient seulement « du miel pour attirer les guêpes de gauche ».

Ce serait une erreur d’interpréter l’histoire de ces années comme l’opposition de deux côtés fermes, gauche/droite. Il y a eu des divergences entre les Tupamaros, les Communistes, les Militaires, entre les Civils et dans le Gouvernement, avant et après le coup d’État de juin 1973.

Les conversations entre Trabal et Macchi sont interrompues en septembre 1972, sur ordre du Général Cristi. A partir de ce moment, R. Trabal est considéré par ses supérieurs comme « un dissident gênant », auquel on refuse la promotion mérité au grade de Général après avoir mis à terre l’organisation Tupamara.

Il est alors exilé avec sa famille, seul à Paris, où il sait qu’il va mourir comme en témoigne les lettres qu’il a écrit à son frère José Trabal et sa cousine Celia Barbato dans lesquelles à travers quelques poèmes échangés, il leur annonce sa mort imminente. De plus le mythe nourrit la question des « papiers  de R. Trabal » qui, selon l’ex Tupamaro et journaliste S. Blixen contenaient des informations gênantes pour les militaires qui avaient pris le pouvoir en juin 1973.

Ici on comprend mieux la théorie que certains Généraux et autres Officiers de l’Armée Nationale auraient ordonné d’éliminer Trabal, affirmation qui a coûté à E. F. Huidobro d’être traîné en justice.

Une autre déclaration, cette fois ci de Julio Marenales, mettait en cause l’ex président J. Battle selon laquelle l’ex Président aurait inspiré les américains à créer des « escadrons de la mort » pour lutter contre la subversion. Cette affaire s’est soldée par une renonciation aux charges de diffamation et atteinte à l’honneur porté contre J. Marenales par les avocats de J. Battle lorsque ceux ci se rendirent compte que l’ex Tupamaro avait en sa possession une information déclassifiée et publiée dans Wikileaks des archives du Ministère des Affaires Etrangères des Etats-Unis. L’Ambassadeur américain de l’époque y décrivait comment au cours d’une réunion, l’ex Président J. Battle lui avait soumis l’idée de créer des groupes para militaires pour combattre les forces subversives.

Le journal « The Guardian avait été très engagé après l’assassinat de R. Trabal dans la recherche des responsables de son assassinat. A l’époque, Richard Willoughby Gott, rédacteur en chef du supplément littéraire avait dénoncé un règlement de compte dans « l’interne militaire » entre les forces inspirée du nazisme, du fascisme et de l’anti-communisme et d’autres forces nationalistes et progressistes proche des mouvements de gauche. A cette époque et deux semaines avant son assassinat, R. Trabal devait lui remettre des «dossiers compromettants» comme me l’affirma R. W. Gott, lors de notre rencontre à Londres en 1990 dans un restaurant italien proche de son journal.

Nous fûmes ensuite prendre le café dans un pub où il s’étaient rencontré pour la première fois fin novembre 1974, après s’être mis d’accord sur une nouvelle rencontre quinze jours plus tard. Engagement qui ne sera pas tenue puisque R. Trabal fût assassiné pratiquement quinze jours plus tard. En 1994, le tabloïde anglais « The Spectator » portait sur R. W. Gott des accusations d’ »agent of influence » du KGB . Il démissionnera finalement de son poste d’éditeur littéraire du journal « The Guardian » à la suite de ces accusations.

L’hypothèse la plus vraisemblable serait que Trabal s’était transformé en un homme qui savait trop, y compris ce qu’il savait sur ses coreligionnaires. Cette hypothèse trouve sa confirmation par le fait que les archives ont été « récupérés » de l’Ambassade uruguayenne à Paris par son fils Ramon Trabal alors secrétaire de celui qui allait devenir le futur dictateur uruguayen, le générale Alvarez . Les papiers auraient ensuite été remis à l’ambassadeur uruguayen à l’unesco à l’époque, Mario César Fernández, qui les aurait gardé en lieu sur. Depuis, on parle toujours des papiers de Trabal sans qu’aucun document ne soit jamais apparu à la lumière.

Dans une ligne de raisonnement semblable, le juriste Justino Jiménez de Aréchaga a dit aux parents des cinq personnes assassinés de Soca en représailles de la mort de R. Trabal par les Militaires uruguayens : « Ils décident de le tuer et ils le font (les Militaires à Trabal) ». Ce sont eux qui le tuent car entre autres informations sur les cas de corruption des Militaires : « (…) Il avait aussi les rubans enregistrés de toutes les négociations qui ont été réalisées avec les Tupamaros lors du kidnapping de l’Ambassadeur Jackson en vue de sa libération »

Affaire à suivre sur les liens /

http://www.mail-archive.com/ctrl@listserv.aol.com/msg29866.html

http://userpages.umbc.edu/~simpson/Human%20Rights/articles/Slack,%20Operation%20Condor%20and%20HR,%20A%20Report%20from%20Paraguay’s%20Archive%20of%20Terror.htm

A propos PetitFilms

Je suis un photographe et cinéaste français et uruguayen.
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